Huit pays musulmans, dont l’Algérie, ont banni le divorce instantané en raison des abus constatés par les juridictions de ces pays et des conséquences ravageuses qu’il provoque, selon des associations internationales de défense des droits de la famille.
Réunies lors d’un séminaire à New Delhi, samedi et dimanche, ces associations ont tiré la sonnette d’alarme sur les abus constatés dans les cas du divorce. A l’heure de la technologie de pointe et de la communication, le divorce par trois fois consécutives est prononcé par Internet (par e-mail) ou par un message SMS, ouvrant ainsi la voie à des dérapages, ont indiqué des représentantes d’associations dont des membres de la commission nationale indienne pour la femme.
Récemment, un tribunal de Dubaï a dû se prononcer pour la première fois sur le cas d’un divorce où un mari a répudié sa femme par SMS alors qu’un tribunal en Malaisie l’avait autorisé l’an dernier. Les épouses n’ont aucun recours, si ce n’est d’effacer le message ou d’y répondre.
L’affaire avait provoqué un tollé parmi les défenseurs des droits des femmes dans ce pays à majorité musulmane et suscité la désapprobation du Premier ministre d’alors, Mahathir Mohamad. Jusqu’à présent, selon les séminaristes, l’Algérie, la Turquie, la Tunisie, l’Irak, l’Iran, l’Indonésie, le Pakistan et le Bangladesh sont les seuls pays musulmans à avoir banni cette forme de rupture de lien du mariage.
En Algérie, le divorce demeure un phénomène inquiétant, une étude, menée en 2003 par le Centre national d’études et d’analyses pour la planification (Ceneap) pour le compte du ministère délégué auprès du Chef du gouvernement chargé de la Famille, révélant que plus de 25 000 divorces sont enregistrés chaque année par les greffes des tribunaux à l’échelle nationale.
Selon le code de la famille en vigueur depuis 1984, le divorce par trois fois est maintenu, mais il donne le droit au juge d’accorder des réparations au profit de la femme au cas où il est constaté que le mari aurait abusé de son droit au divorce.
Toutefois, les amendements que propose le gouvernement accorderont un droit au divorce étendu pour les femmes mais maintiendront le droit pour les hommes à la répudiation de sa conjointe. Z. M.
Source : jeune-independant.com