En revanche, il a été suggéré dans le même communiqué à « la clientèle de la compagnie de se rapprocher des points de vente Air Algérie ou des agences de voyages intermédiaires agréées ». Le document note aussi que « cette augmentation, perçue sur les vols en provenance et en partance d’Algérie, sera supprimée dès le retour à un niveau raisonnable du prix du kérosène » tout en justifiant ce relèvement par « la hausse continue du carburant de par le monde et le coût élevé du prix d’exploitation ». Il faut relever que la compagnie nationale est la seule jusqu’à présent à annoncer une nouvelle hausse de ses tarifs, et ce, trois jours après l’annonce par Air France d’une nouvelle grille tarifaire promotionnelle valable du 15 septembre au 15 juin prochain avec trois offres.
Aussi, alors qu’il nous était impossible de joindre le service de communication de la compagnie, les agences de voyages vers lesquelles les clients ont été invités à se rapprocher nous ont surpris en annonçant leur ignorance totale des nouvelles mesures. « Jusqu’à maintenant, nous n’avons rien reçu », nous ont indiqué plusieurs agences de voyages contactées hier. Des citoyens nous ont, de leur côté, exprimé leur mécontentement d’avoir encore à supporter d’autres augmentations confirmant le fait que voyager est devenu en Algérie un luxe que seuls les nantis peuvent se permettre lorsqu’on sait que déjà le prix du billet Alger-Paris-Alger, à titre d’exemple, arrive à faire cinq fois le SNMG.
D’aucuns se demandent déjà pourquoi un pays producteur de pétrole censé être plutôt bénéficiaire des cours actuels de l’or noir se trouve subir les aléas des prix élevés du pétrole au même titre que des pays importateurs, sachant que les coûts du carburant représentent pas moins de 20% des coûts d’exploitation pour les compagnies aériennes.
D’autre part, rappelons que la compagnie nationale qui a le monopole sur le réseau domestique et assure la plupart des vols en partance d’Algérie sur le réseau international, poursuit le renouvellement de sa flotte, y compris en lançant l’opération de l’emprunt obligataire.
Depuis peu, le constructeur américain Boeing a indiqué avoir livré un huitième 737-800 à Air Algérie. Le biréacteur équipé d’ailettes marginales profilées est également le treizième 737 NG à être réceptionné par la compagnie nationale qui recevra deux autres appareils similaires en août 2006, portant ainsi sa flotte de 737 de nouvelle génération à quinze, y compris cinq exemplaires du plus petit modèle, le 737-600, déjà en service. Air Algérie exploite les moyen-courriers sur un réseau reliant sa base d’Alger à l’Europe et au Moyen-Orient.
Dans une interview accordée à notre confrère Liberté en mai dernier, le directeur général d’Air Algérie, Tayeb Benouis, avait indiqué que « les tarifs, en accord avec les autorités concernées, ont été réajustés pour atteindre le niveau d’équilibre et réduire la dénivellation qui existait avec les tarifs pratiqués au départ de l’étranger vers notre pays », précisant qu’il s’agit d’une « opération qui s’est étalée sur environ deux années selon un échéancier pour aboutir à des tarifs qui reflètent la vérité des coûts d’exploitation de la compagnie. Jusque-là, nous supportions seuls le déficit du réseau intérieur qui affichait des tarifs anormalement bas », avait-il confié. Le communiqué d’hier ne donnant pas plus de précisions, les Algériens clients de la compagnie nationale restent dans l’attente d’avoir plus de détails sur les nouvelles hausses des tarifs.
Par : Yasmine Ferroukhi
Source : latribune-online.com